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 I can't believe my eyes.

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MES PETITS MOTS: 25
DATE D'ARRIVEE: 08/02/2012
OU ES-TU: Partout, nul part.

« Time is the fire in which we burn »

Your Passeport
AMIS,AMOURS, EMMERDES:
VOTRE RÊVE: Lire dans les pensées.
ÂGE DU PERSONNAGE: vingt-et-un ans.
Mar 21 Fév - 19:39

Si le monde est à moi, le monde est à nous.

I can't believe my eyes.


17h23


Les cours venaient de se terminer pour Gioia. Marchant dans le quartier de West Park non loin de sa faculté, elle s'arrêta à Bridge Side, le nouveau café de la circonscription. Elle aimait bien cet endroit, c'était moderne, convivial et chaleureux ; tout ce qu'elle préférait. Elle poussa la porte d'entrée puis se dirigea vers une table près de la fenêtre. Elle se mettait toujours là et regardait les gens déambulaient frénétiquement de l'autre côté, sur les trottoirs. Depuis toute petite elle avait un faible pour la solitude, sans vraiment pouvoir l'expliquer. De même que la discrétion était comme une seconde nature chez elle allez savoir pourquoi. Mais après tout c'était mieux comme ça, Gioia n'avait jamais supportée ceux qui ne peuvent pas s'empêcher de se mettre constamment en avant ... à commencer par sa propre soeur. Décollant son regard de la rue et chassant par la même occasion ces idées de son esprit, elle sortie de son sac un petit ordinateur portable avant d'y brancher son appareil photo professionnel. Pressée de découvrir les dernières photos qu'elle avait prises à l'occasion d'un shooting photo, elle s'y plongea en quelques clics. Découvrant chaque cliché avec émerveillement, passion et quelquefois mécontentement sur son travail, son visage adopté à chaque clic une nouvelle émotion. La sensibilité pour l'esthétisme artistique l'habitait depuis toujours. Elle se laissait habitait par chaque oeuvre, comme si elle communiquait avec elles par ondes subliminales, ou que sais-je encore ...

Le serveur vint la sortir de ses clichés, feignant un toussotement à peine crédible dans le but de capter son attention. Il devait déjà être planté là depuis quelques secondes sans nul doute et son regard curieux par dessus l'épaule de la jeune femme la gêna particulièrement. D'un léger coup de main, Gioia referma l'écran de l'ordinateur. Elle ne laissait voir ses oeuvres qu'à ses proches, et encore. A chaque fois il fallait la supplier pendant de longues minutes pour qu'elle finisse par céder. D'une certaine manière elle se montrait pudique, laisser ses oeuvres être vues par tous aurait été comme lui demander de se mettre à nue devant vous ... Levant les yeux dans sa direction, elle le fixa l'espèce d'un instant, désarmant ainsi son regard.

« Un macchiato s'il vous plaît. »

Elle déclina un sourire discret afin de lui faire comprendre qu'il pouvait désormais s'en aller et il s'éloigna sans sourciller, la laissant se replonger dans son art. Son latte macchiato arriva une dizaine de minutes plus tard. Ses lèvres se posèrent presque aussitôt sur le rebord de la tasse, se délectant du goût savoureux du mélange. Elle adorait ça, ce devait être ses origines italiennes qui reprenaient le dessus. Il devait être maintenant 18 heures et des poussières. Le café se remplissait à vue d'oeil. Gioia balaya la pièce du regard puis s'attarda sur un jeune homme qui venait tout juste d'entrer ...
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MES PETITS MOTS: 238
DATE D'ARRIVEE: 03/02/2012
OU ES-TU: DTC.

« Time is the fire in which we burn »

Your Passeport
AMIS,AMOURS, EMMERDES:
VOTRE RÊVE: Être parfait. Ah non, c'est déjà le cas pardon !
ÂGE DU PERSONNAGE: 21 ans.
Mer 22 Fév - 16:44



Oz arpentait les rues de la ville, sans but. Au volant de sa voiture, il en était encore à se demander pourquoi il avait pris la peine de ce lever ce matin. Il avait peint jusque tard dans la nuit. Mais maintenant que son oeuvre était achevée et qu'elle séchait, après avoir pris néanmoins quelques heures de repos, une question s'imposait à lui: qu'est-ce qu'il foutait là ? Enfin qu'est-ce qu'il pouvait bien faire de sa vie ? Il ne travaillait pas aujourd'hui, on était samedi. Il avait fini sa toile alors... qu'est-ce qui le motivait en cette journée vide de sens ? Et la réponse s'imposait d'elle-même: rien. Il n'était rien d'autre que rancoeur et mal-être aujourd'hui. Il n'avait envie de voir personne, de ne rien faire alors il conduisait pour l'heure sans but tout comme il menait sa vie: sans but réel.
La naissance d'un individu ne tient pas de sa propre volonté mais de celle de ses parents. S'il était certain que sa mère l'avait ardemment désirée, Eros n'avait aucun doute quand à l'amour que lui portait son père. Il lui avait sauvé les fesses mais c'était dans un but précis: avoir la main mise sur lui, comme un marionnettiste sur son pantin. Mais il refusait de dépendre de cet homme abject. S'il vivait dans son manoir, s'il lui laissait remplir son compte en banque autant que ça l'arrangeait, il ne voulait rien avoir à faire avec cet homme. Il se sentait comme otage de sa propre vie, risible ironie. Il n'avait pas l'impression d'avoir son destin en main, il se sentait même... démuni. Comme si, avant ce champ de bataille qu'était la vie, on avait tout faussé. Comme si on lui avait volé l'arme ultime qui lui aurait permi de s'en sortir comme les autres, de ramer à contre courant s'il l'avait voulu. Mais il ne l'avait pas, cette arme. Il se battait mais le combat était inégal. Il n'attendait que le jour et l'heure où finalement tout finirait par l'engloutir pour ne rien laisser de lui après ça.
Oz se rangea sur la bas côté, coupa le moteur. Il fixait la rue sans la voir. Ce sentiment le mettait mal à l'aise. Il avait toujours eu une excellente vue, une vue d'artiste. mais en cet instant, il se sentait comme aveugle. Il ne voyait pas le monde, il ne le sentait pas. Il avait l'impression d'être plus démuni que jamais. Avec un juron il claqua la porte et s'engouffra dans le café le plus proche. Il avait besoin de faire le plein mais il n'était pas encore l'heure de s'adonner à ses penchants malsains. Il commanda un double expresso, sans sucre ni rien d'autre, s'assied à une table et... la vit. Encore elle. Toujours elle. Ses yeux s'écarquillèrent malgré lui alors qu'ils refusaient de quitter leur cible. Cette fille était son fantôme, son ange gardien ? Celle qu'il dessinait sans relâche, poursuivait sans répit dans ses rêves. La moitié de son âme qu'on lui avait arraché bien trop tôt. Mais elle n'était qu'un mirage, qu'un songe. Elle ne pouvait pas être là. Et pourtant... ses yeux glissèrent sur les preuves évidentes de sa tangibilité. Sa boisson qui fumait, son ordinateur et son appareil photo, son regard, semblable au sien qui lui rendait son effroi. Impossible. Elle ne pouvait être là. Ca ne pouvait pas être elle, elle était morte. Gioia était morte. Son poing se serra violemment au point que ses jointures blanchirent dangereusement sous la tension. Il se leva finalement et combla la distance qui les séparait à grandes foulées. Il la surplomba de toute sa hauteur et lâcha d'une voix blanche.

« Qui êtes-vous ? »
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MES PETITS MOTS: 25
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ÂGE DU PERSONNAGE: vingt-et-un ans.
Ven 24 Fév - 23:08



C'est avec de grands yeux écarquillaient que Gioia l'inspectait sans relâche, et il faisait de même. Tout d'eux semblaient ne pas comprendre, mais le regard bleu acier de la jeune femme finit par se détourner de sa cible. Par gêne elle le fuyait, ne supportant pas l'effroi que lui rendaient ses yeux fixaient sur elle. Sentant son coeur palpitait aux rythmes de chacun de ses pas en sa direction, Gioia ne parvenait pas à se contenir. Jamais auparavant elle n'avait ressentie une telle pression à l'approche d'un homme, pas même par amour. Pourtant ce qu'elle ressentait à l'instant présent ne relevait en rien du domaine de l'attirance. Ce qu'elle éprouvait en cet instant était à mille lieux d'une attraction quelconque ; en effet, la perpétuelle sensation de tout connaître de cet homme l'habitait alors qu'à priori il lui était encore totalement étranger. Paradoxalement Gioia semblait pouvoir anticipait chacun de ses gestes, de ses paroles alors qu'elle était intimement convaincue de ne jamais avoir été amené à le croiser où que ce soit. Elle en était persuadée, il n'était pas de ceux que l'on oublie. C'est alors qu'il l'arracha à ses pensées les plus profondes -ses élucubrations devrai-je dire.

« Qui êtes-vous ? », ces mot se mirent brutalement à résonner en elle, tambourinant sans cesse dans son crâne et se heurtant à chacune des parois de son être. La totalité de son corps se crispait tandis qu'un malaise se créa, comme si elle en sortait momentanément. Elle reposa difficilement ses yeux sur cet homme, cet étranger, et là l'impensable, l'inexplicable se produisit ... Son souffle se coupa l'espace d'un cours instant, ses mains se mirent à trembler sur la table, ses genoux s'entrechoquèrent dans une violence inouïe. De l'air, Gioia avait terriblement besoin d'air. Depuis l'enfance il était sa hantise, son pire cauchemar et à la fois un de ses plus doux mirages. Il la hantait. Elle savait que c'était lui, du moins elle l'avait déduit par logique. Ca ne pouvait être que lui, qui d'autre sinon ? Cependant ce qui avait le don de la perturbait d'autant plus, c'était le fait qu'il semblait également être déstabilisé par sa présence. C'est ce qu'elle en conclut en distinguant ses poings fermement refermés sur eux-même et sa gorge nouée dans ses paroles, il devait être visiblement aussi tendu qu'elle mais paraissait avoir une meilleure pondération. Pourquoi venait-il à elle ? Et ce "vous" qui rétablissait une certaine distance ... Gioia trouva la force de rétorquer un fébrile « Je pourrais vous poser la même question ... »

Gioia peinait à garder une apparence neutre, on pouvait lire en elle comme dans un livre ouvert, du moins elle était convaincue que c'était le cas pour lui. Depuis toujours c'est vrai, elle avait eut du mal à cacher ce qu'elle ressentait. Dans la vie en générale comme dans ses émotions, elle était une personne extrêmement excessive, passant quelquefois d'un pôle à un autre en un temps record ; comme à cet instant précis où la crispation se lisait dans chacune de ses expressions, alors que quelques minutes plus tôt tout semblait aller pour le mieux. Echappant au regard réprobateur posé sur elle, Gioia détourna la tête vers son ordinateur. Apercevant que ce dernier était ouvert sur sa boîte mail dont l'en-tête était "Bonjour Mme Cartwright-Di Ferricelli", elle le ferma brusquemment ...
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ÂGE DU PERSONNAGE: 21 ans.
Ven 2 Mar - 17:22



« Je pourrais vous poser la même question ... »

Evidemment elle avait raison, parfaitement raison. Dans son obsession de savoir si elle était réelle ou non, il en avait oublié qu'elle avait légitimement le droit de se poser des questions sur l'homme, l'inconnu qu'elle avait en face d'elle, qui la fixait avec une intensité à faire peur et lui demandait qui elle était comme si il avait un droit quelconque sur elle. Mais quand il était pommé, Oz en oubliait de réfléchir, parfois même de respirer. Il avait besoin de comprendre, il devait comprendre. C'était vital, essentiel. Qui pouvait-elle bien être, elle qui le hantait comme un fantôme depuis qu'il était enfant ? Qui était-elle bon sang ? Que faisait-elle là ? Pourquoi ici et pas en Italie ou ailleurs ? Tellement de questions, d'incohérences, d'incompréhension, comme un bal inarrêtable qui battait son plein dans sa boîte cranienne. Il allait exploser. Son sang battait dans son crâne avec la même intensité que son coeur dans sa poitrine, de quoi faire exploser toutes ses veines sous la pression, sans exception aucune. Il le sentait dans sa chair, quelque chose se jouait en cet instant, quelque chose d'important, d'unique, qui allait changer sa vie aussi sûrement que la mort de sa mère. Quelque chose d'infiniment plus important que tout ce qu'il avait connu jusqu'à présent. Sa vie se jouait tout bonnement en cette ridicule poignée de secondes qui refusait de s'écouler à une vitesse normale et à cette vérité qui se faisait tant désirer au point de lui en faire mal.
Oz s'apprêtait à ignorer sa question pour réitérer la sienne lorsqu'elle abattit sa main sur son ordinateur. Mais trop tard, il avait lu, il avait lu ce qui lui avait toujours semblé comme une évidence mais qui lui faisait en cet instant comme un coup de poing dans l'estomac. Ce n'était pas possible... Son regard était pendu à elle, la détailla à une vitesse folle, sans ciller. Et pourtant, et pourtant. Tout collait, tout collait parfaitement, tout s'expliquait. Et pourtant, ce n'était pas possible, non... Elle était morte...

« Gioia ... »

Sa voix s'était félée sous le coup de l'émotion et il avait la gorge nouée. Mais c'était bien elle qui se tenait devant lui, son arme, sa lueur au bout du tunnel, sa soeur jumelle.
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